Archive pour mars 2010

Un vent de folie

Mercredi 10 mars 2010

1006730.jpg6h45 : la sonnerie du réveil… est désactivée. Je suis réveillé depuis une bonne ½ heure. Excitation due à la course ? En tout cas ; la nuit fut bonne (merci les enfants de m’avoir laissé dormir !) et je me lève sans difficulté. J’avale un petit déjeuner (3h avant !) en jetant un coup d’œil au dehors : le ciel est dégagé, c’est conforme aux prévisions de Bultex ! Et oui, Bultex, partenaire du semi-marathon, m’a envoyé la veille au soir les prévisions météo pour la course, un coup marketing pour inciter à rester au lit sans doute car avec -2°C et vent modéré annoncé, il y en a plus d’un qui est resté couché… 

Ma solitude de coureur prend fin avec le réveil comme d’habitude matinal des petits. « Est-ce que tu vas gagner papa ? » « Certainement pas tu sais, il y en a qui sont très forts et qui sont très entraînés. » « Ben t’as qu’à t’entraîner toi aussi. » Je décide de ne pas me lancer dans une tirade sur la supériorité physiologique des athlètes kényans, après tout il n’a que 5 ans. Néanmoins piqué au vif, je remonte sur mon piédestal en lui racontant que son « héros » de papa va faire une course très difficile et que ça fait mal aux jambes. « C’est rien, t’as eu de la crème antifatigue hier avec ton dossard ! » Le coup de grâce…

Entre temps, ma chère et tendre a consulté le thermomètre extérieur : -4°C ! Bultex s’est planté et le vent polaire soufflant de nord-est n’a rien de vraiment… modéré. Je me soumets au rituel de la fixation du dossard et de ma puce, parfaitement secondé en cela par ma petite « glu », et je rentre alors dans ma peau de coureur. Quatre épaisseurs, cache-oreilles, gants, que je supporterai tout au long de la course.  8h15 : je quitte l’appart après avoir embrassé les miens et avoir revêtu un double coupe-vent buste et jambes du plus bel effet (merci Jogging !)… Le froid est tout de suite saisissant et c’est au petit trot que je me rends au métro pour me réchauffer un peu à moins que ce ne soit aussi pour éviter d’apparaître trop ridicule dans cet accoutrement en croisant les (rares) badauds matinaux. Je pénètre dans le métro en me réjouissant à l’avance de rencontrer bien vite d’autres membres de ma confrérie des « J’ m’habille comme un sac le dimanche matin » mais mon désarroi est grand car les quelques joggeurs que je rencontre sur le quai ou dans la rame sont habillés « normalement » : quel manque de solidarité ! Heureusement je récupère bien vite la ligne 1 qui nous emmène au Château de Vincennes, lieu du départ, et me voila rapidement tassé dans le métro comme lors d’une bonne journée de grève, entouré de sportifs dont beaucoup ont opté pour une tenue proche de la mienne (ouf !). Les conversations tournent bien sûr uniquement autour de l’événement qui aura lieu dans un peu plus d’1h désormais et entre potes les excuses commencent à fuser : « pas bien dormi… », « mal à un genou… », « pas eu le temps de m’entraîner… », tandis que d’autres font par de leur émotion et de leur appréhension à l’approche de ce qui constitue leur première course. 

Sorti du métro, je prends un peu plus la mesure de l’événement mais aussi du froid et du vent très soutenu qui sera majoritairement défavorable sur la seconde partie du parcours. Je vais repérer la zone de départ et l’entrée de mon sas car nous serons bientôt plus de 22°000 coureurs littéralement « parqués » derrière des hautes grilles, placés en fonction de l’estimation de notre temps de course fourni au moment de l’inscription. Pour ma part c’était 1h35 mais ma grosse entorse de fin d’année est venue sérieusement contrariée mes plans et je désespère un peu d’accrocher cet objectif…

Je suis toujours impressionné de voir sur la plupart des courses et plus encore sur les grandes courses parisiennes cette fourmilière de bénévoles et d’organisateurs qui s’active pour transformer une banale course à pied en un événement marquant. Merci à eux !  Pour vaincre le froid je me mets au petit trot dans les allées du bois de Vincennes qui sont battues par des rafles de vent qui soulèvent des nuages de poussière. ¼ heure avant l’heure H, je pénètre dans mon sas jaune, ma couleur préférée ! Tout est bon à prendre comme présage. Au fur et à mesure que les minutes s’écoulent, l’effervescence monte dans cette foule immense qui commence à s’agiter avant la libération du starter. Le coup de pistolet retenti et tout le monde se retrouve concentré, les yeux rivés sur sa montre-chrono, prêts à libérer ces minutes et ces secondes si précieuses mêmes pour les petits coureurs que nous sommes. La ligne de départ sera franchie environ 2min après les « élites » que j’aperçois au loin, très loin ; les derniers coureurs mettront plus de 10min avant de franchir cette même ligne de départ… Le petit concert des « bips » produits par les puces au moment du passage sur les tapis de détection sonne vraiment le lancement de l’aventure. 

Cette masse de coureurs qui se met à courir simultanément rend difficile la progression vers l’avant et il faut beaucoup zigzaguer et jouer un peu des coudes pour se frayer un passage et trouver son rythme dans les premiers kilomètres. Mon passage au km 1 me rassure : 4min37 pour un temps de passage au km estimé autour de 4min30 pour être sur les bases d’1h35 à l’arrivée. Les sensations sont bonnes, la foulée facile, je me sens même un peu grisé et je gagne progressivement du temps pour passer en 44min40 au 10ème km (contre 45min prévues). Un peu en retrait dans mon sas de départ, le meneur d’allure porteur d’un drapeau jaune estampillé « 1h35 » est parti environ 1min devant moi. Sans paniqué ni forcé mon allure je suis revenu inexorablement dans le peloton qui suivait immédiatement cet « éclaireur » providentiel. Au passage place de la Bastille, j’ai le bonheur d’apercevoir mes proches qui sont venus m’encourager et que je retrouverai à l’arrivée. En attendant, mes sensations si bonnes quelques km plus tôt commencent à faiblir un peu à mesure que les conditions de course se sont dans le même temps quelque peu dégradées avec un vent devenu moins favorable et des portions de faux plats qui ne passent plus inaperçues…

Blotti au sein de « mon » peloton, je m’accroche mais commence à serrer les dents quand brusquement notre meneur d’allure oblique rapidement sur le côté : défaillance ? Non, c’était simplement pour assouvir un besoin naturel. Sans se laisser perturber par ce « coup de théâtre » inattendu, le peloton a maintenu son allure en accélérant toutefois très légèrement, sans doute par crainte d’être en retard sur le prochain temps de passage, à moins que ce ne soit ma cadence qui ait légèrement ralentie. Oui, c’est ça, je me rends compte que ma foulée n’est plus aussi ample et que je suis en train de « taper » sérieusement le bitume, laissant de plus en plus de force et des secondes à mesure que les km s’enchaînent désormais. Mes temps de passage s’allongent et le petit coussin de secondes que j’avais capitalisé dans la 1ère partie de course fond comme neige au soleil.

Je reste optimiste puisque notre meneur d’allure ne nous a pas rattrapés, c’est encore bon signe. Ce dernier ne tarde toutefois pas à revenir à ma hauteur, puis à me dépasser ainsi que 1 puis 2 puis d’autres coureurs qui calent leur foulée dans la sienne. Un moment tenté par l’idée de m’accrocher coût que coût à cette locomotive, la prudence me fait dire que je risque de me mettre rapidement dans le rouge au risque « d’exploser » dans les tous prochains km. Je fais un temps l’élastique puis je vois s’éloigner inexorablement mon « messie » du dimanche matin…

Je n’ai cependant pas abdiqué et j’essaye de puiser dans mes ressources pour limiter la casse car je sais que le coup est encore jouable. Une portion pavée vers le 12ème km me provoque une douleur dans la cheville (je l’avais oublié celle-là !) mais heureusement cela restera « gérable » jsqu’au bout. La bannière des 1h35 est désormais assez loin quand je commence à longer le bois de Vincennes aux alentours du km 14 mais je l’ai toujours en point de mire. Les jambes font désormais mal et ma vitesse a encore diminué. Pour maintenir un minimum la cadence, j’essaye d’augmenter la fréquence des foulées ce qui automatiquement me met le souffle un peu plus court…

Cette fois-ci je suis dans le dur et c’est au courage qu’il va falloir terminer les 5 derniers km. A partir du 17ème, on plonge véritablement dans le bois, en passant à proximité de l’hippodrome: les chevaux sentent l’écurie ! Mais je pense qu’un sadique s’est infiltré parmi les organisateurs qui ont tracé le parcours car on enchaîne alors une série de zigzags en sous-bois, qui sont autant de relances, sur un sol devenu plus piégeux par endroits. Heureusement, le dernier gauche qui nous amène vers la ligne d’arrivée nous redonne dans le même temps un peu de vent favorable. J’en profite pour tenter d’accélérer dans ce dernier kilo car je sais, je sens, que mon objectif n’est pas complètement enterré. Je stoppe mon chrono sous l’arche d’arrivée et découvre avec bonheur mon temps : 1h 35min 4sec. Contrat rempli !  Un instant plié en deux pour récupérer, je récupère ma médaille (bien méritée !). J’aperçois ma petite famille et tend la médaille à mon aîné qui la trouve jolie : cool ! Je me rends bien compte qu’il est plus intéressé par les ravitaillements que je lui ramène. 

maillot.jpgBref, je suis heureux de mon résultat : 2716/22030 (Un vent de folie pdf diplome.pdf), loin, très loin des meilleurs qui ont bouclé en un peu plus d’1h le même (c’est vraiment sûr ?) parcours. Mais là n’est pas l’essentiel car je suis avant tout fier d’avoir exhibé de nouveau aux yeux du plus grand nombre la cause que je défends pour le Don de soi et l’association de Mary Berry, et qui sait peut-être ai-je suscité de nouvelles vocations ou tout du moins fait réfléchir certains. 

Hakuna Matata

Samedi 6 mars 2010

1006720.jpg1006721.jpgMais quelle phrase magnifique, Kakuna matata, quel chant fantastique !

Délire ? Perte de repère ? Non, non, juste une façon de philosopher et de prendre les choses du bon côté à l’approche de l’heure H. Hier soir avec ma chère et tendre nous avons été voir le spectacle du Roi Lion à Mogador (excellent !) d’où mon inspiration du moment. 1006723.jpg1006722.jpg

Cet après-midi, c’était un peu l’épreuve avant l’épreuve, à savoir la récupération de mon dossard. Il faut dire que je m’étais mis un handicap en faisant preuve de bienveillance et en emmenant avec moi ma « glu » pour m’accompagner. Le tout sans poussette autant dire que j’ai fait travailler mes bras, mes épaules et mon dos, un bon échauffement pour demain… Au final un petit périple de 2h30. 

 1006724.jpg1006725.jpg 1006726.jpgBon c’était quand même sympa et puis on a aperçu « Chauchau » ou devrais-je plutôt dire Mr Dominique CHAUVELIER car cet énergique quinca est rien de moins que Champion du monde de semi-marathon dans sa catégorie ! Total respect ! 

Allez pour finir et se donner un peu la pêche pour demain, cliquer sur Simba Clin doeil

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J-2 : dernière sortie

Vendredi 5 mars 2010

sablier021.jpg1jour 18h 12m 23s : inlassablement, le compteur du site du semi-marathon de Paris égrène les secondes qui me sépare de l’événement de dimanche matin. Pas vraiment besoin de me le rappeler d’ailleurs, la course est déjà lancée et ce compte à rebours ne fait qu’accentuer mon impatience d’être sur la ligne de départ parmi ces quelques 27 000 participants !

Beau mais frais, la météo s’annonce plutôt favorable ce qui est une excellente nouvelle. Pourvu que le vent reste tranquille et ce sera parfait de ce côté-là. 

Tout à l’heure je prévois une dernière petite sortie non pas pour parfaire ma condition physique (trop tard pour ça…) mais histoire de faire tourner un peu les jambes et de répéter un peu l’allure du semi.

Bien qu’il représente une distance relativement abordable par tous, le semi-marathon reste une distance pas si facile à gérer. Coincé entre les habituelles courses courtes de 5-10km et le marathon, ce 21km doit s’aborder avec prudence en régulant progressivement sa vitesse de course et en évitant l’écueil de se dire que la distance est assez courte pour « s’envoler » dès les premiers hectomètres. Gare au mur du 15ème kilomètre qui, bien que moins terrifiant que son grand frère du 30ème km sur marathon, peut réduire à néant tous vos objectifs ! 

Côté parcours, pas de difficultés majeures. Le départ et l’arrivée se font de l’esplanade du château de Vincennes (cf plans). On rejoint tout d’abord la Porte Dorée, puis l’avenue Daumesnil avant de passer à proximité de l’Hôpital St Antoine. On continue en traversant la place de la Bastille puis on effectue un crochet au niveau de l’Hôtel de Ville au tiers du parcours pour revenir dans l’autre sens. La principale difficulté arrive peut-être après le franchissement de la Porte de Charenton vers le 14ème km car on pense que la course est quasi finie mais on repart pour une chouette balade interminable dans le Bois de Vincennes…

J-2 : dernière sortie pdf smp10planparcfloral.pdf

pdf smp10planparcours1.pdf

Pour tous ceux qui veulent assister à la course et tenter peut-être d’apercevoir le petit lutin (regarder un maillot jaune juste derrière les Kenyans ;o)), je vous conseille les stations de métro Daumesnil ou Bastille où vous pourrez voir passer les coureurs dans les deux sens.